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Avec Twitch, la com’ scientifique se pique au jeu

Créée en 2011 et racheté à prix d’or par Amazon trois ans plus tard, le service de streaming de jeux vidéo Twitch a su élargir son terrain de jeu. Les gamers continuent d’être légions, mais le réseau pourrait bien devenir le nouveau lieu à la mode pour la communication scientifique.

Fond noir et encarts violets, vidéos de jeux vidéo dans tous les coins. Bienvenue sur Twitch. Catalogué très vite comme un “repère de geeks”, la plateforme de streaming créée en 2011 a su se diversifier au fil des années. Si elle abrite encore une majorité de contenus dédiés aux jeux vidéos, vous pouvez désormais également y trouver des cours de cuisine, des concerts et des discours politiques.

Avec ses 140 millions d’utilisateurs mensuels, Twitch est devenu en quelques années un réseau social incontournable pour de nombreuses communautés, attirées par l’instantanéité – toutes les vidéos se déroulent en direct – et la simplicité d’utilisation de l’outil. “Twitch est une plateforme de gens curieux, constate Simon Chupin, doctorant à l’université Grenoble-Alpes et “streamer” Twitch, avec son émission Let’s play Science !. Très peu de connaissances techniques permettent de diffuser en direct de l’information, en misant énormément sur l’interaction”.

En 2019, le doctorant décide de se lancer sur Twitch : il propose régulièrement une émission en direct où il invite un chercheur à évoquer ses recherches… en jouant à un jeu vidéo. “Le jeu devient un prétexte pour capter l’attention d’un public, qui ne viendrait peut-être pas naturellement à nous, scientifiques”. Pour parler de la théorie de l’évolution, il n’hésite donc pas à dégainer Pokémon.

“Le jeu devient un prétexte pour capter l’attention d’un public, qui ne viendrait peut-être pas naturellement à nous, scientifiques »

Simon Chupin
Leo Grasset (Dirty Biology) compte plus de 44 000 followers sur Twitch.

Liberté et ambiance “pyjama”

Et ils sont de plus en plus nombreux, vulgarisateurs scientifiques ou passeurs de sciences, à venir tenter l’expérience du live sur Twitch. À l’image de Léo Grasset, dont la chaîne YouTube Dirty Biology affiche plus d’un million d’abonnés. “L’intérêt de Twitch est double, analyse Simon Chupin. D’une part, l’interaction permise par l’outil est grande. D’autres part, Twitch est encore très libre quant à la monétisation des audiences. Là où il est devenu très compliqué d’émerger sur YouTube, sur Twitch, tout fonctionne par dons, pour les comptes certifiés.”

Pour le doctorant, la plateforme rachetée par Amazon en 2014 pour 970 millions de dollars pourrait bien se tailler une place de choix dans le secteur de la communication scientifique. A quelques conditions : “Twitch est historiquement un repère de gamers. Si vous franchissez le pas, veillez à respecter les codes en vigueur. Des codes où le “familial” et le “familier” sont la norme. Dans l’ensemble, les streamers restent des personnes qui se filment en pyjama”.


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